SYDNEY POLLACK
Oscar du meilleur réalisateur pour
Out of Africa,
Sydney Pollack se définissait comme un auteur de films "commerciaux, hollywoodiens, grand public, dont le premier devoir est de distraire". Il voulait aussi faire penser, comme en témoignent les scénarios d'
On achève bien les chevaux ou des
Trois Jours du Condor. Le cinéaste est mort d'un cancer, le 26 mai, à Los Angeles. Il avait 73 ans.
Venu de la télévision, comme ses homologues
Sidney Lumet ou
Barry Levinson,
Sydney Pollack était de son propre aveu un cinéaste "du milieu", qui a toujours travaillé à l'intérieur du système des studios tout en essayant de faire prévaloir une vision personnelle. Acteur de formation, il avait ces dernières années fait des apparitions remarquées dans
Eyes Wide Shut, de
Stanley Kubrick, ou, en 2007, dans
Michael Clayton, de
Tony Gilroy, qu'il avait coproduit.
(Thomas Sotinel)DINO RISI
Cette fin de printemps est décidément cruelle puisque le fameux cinéaste présenté comme le "prince de la comédie italienne" est décédé aujourd'hui.
Nommé mais jamais récompensé à Cannes, Berlin et aux Academy Awards, Dino Risi, diplômé en médecine et spécialisé en psychiatrie, doit ses débuts au cinéma à Alberto Lattuada qu'il assiste sur Le Mariage de minuit en 1941. Ce n'est pourtant qu'après la Seconde Guerre mondiale qu'il réalisera une longue série de courts métrages. Il écrit et tourne son premier long en 1951, Vacanze col gangster, avec un jeune adolescent nommé Mario Girotti (bientôt connu sous le patronyme de Terence Hill) puis Le Signe de Vénus avec Sophia Loren qu'il dirigera à nouveau à trois reprises.
Si Pauvres mais beaux est considéré comme son premier grand succès (le premier également des douze films en collaboration avec l'excellent chef-opérateur Tonino Delli Colli), c'est avec Le Fanfaron, succédant notamment à Une Vie difficile, que s'amorce l'un des tournants majeurs de sa carrière.
Nino Manfredi, Ugo Tognazzi, Alberto Sordi et Marcello Mastroianni ont tous travaillé avec Risi mais Vittorio Gassman, la vedette entre autres de Parfum de femme et de deux volets de la trilogie Les Monstres, était sans doute son interprète favori.
Si la fin de son parcours professionnel a généralement déçu ses partisans, Dino Risi restera cependant dans nos mémoires comme l'un des grands cinéastes européens et mondiaux mais aussi une figure atypique de son art.
(AH)